Femmes de tous les pays unissez-vous et dansez malgré tout

Femmes de tous les pays unissez-vous et dansez malgré tout

Dans Un-Femme, un spectacle de danse complet, Séverine Chavrier tente de décrire le sort épouvantable réservé à la gent féminine aux quatre coins du globe. À chacun son regard.

Des lumières qui s’allument et qui s’éteignent frénétiquement, des danseuses qui apparaissent et disparaissent dans des mouvements saccadés. Cela ferait presque penser à des photos prises en rafale ou à un film d’horreur.

Après coups, projet Un-Femme (1), dont la première s’est déroulée jeudi au Manège, est un spectacle où s’entremêlent la danse et le cirque. Le travail de Séverine Chavrier, metteuse en scène, met à l’honneur plusieurs destins de femmes à travers l’histoire et autour du monde. De l’Argentine, à la Russie, en passant par le Cambodge, la Palestine, ou encore le Danemark, chacun de ces parcours féminins vire au tragique.

Dès l’entrée dans la salle, le spectateur plonge dans une ambiance dure et tendue. Les danseuses sont déjà présentes sur scène dans le noir qui souligne le côté sombre du spectacle quand la salle est éclairée. Puis, suspens, les lumières s’éteignent dans la salle, et s’allument sur scène. Le silence se fait et le spectacle commence. Tout au long de celui-ci, presque tous les sens sont mobilisés. La vue, par la danse et les images projetées sur un écran. Puis l’ouïe, par les voix enregistrées qui racontent leur histoire, la musique et les sons. Et enfin, l’odorat par la fumée. Les danseuses racontent leurs histoires en jouant de la technologie moderne. Ecran et téléphones recréent un environnement numérique.

POUR par Anaïs

Le spectacle montre un côté profond, triste et effrayant qui contribue à le rendre intéressant et original. Le côté théâtral et dansant est présent durant toute la représentation. De plus, il transmet des émotions qui peuvent aller de la tristesse à la peur, en nous offrant la réalité de la vie. Il met en scène cinq femmes qui apparaissent l’une après l’autre en dansant, comme en transe. Les lumières s’allument et s’éteignent pour accroître encore la tension. Une voix off raconte leurs histoires chaotiques qui entraînent inévitablement la compassion. Un accident nucléaire, comme à Tchernobyl en 1986, la drogue, la pauvreté et la misère, l’exil, la guerre provoquent chez ses femmes la colère, l’effroi, les pleurs, la rage, l’abattement ou l’angoisse.

Les danseuses dénoncent avec leur corps la faible importance de la femme dans certains pays. Par exemple, quand les danseuses mettent en scène les hommes qui insultent leurs congénères ou les interpellent de manière méprisante, les rabaissant sans cesse. Elles prononcent les insultes, d’abord en français, et ensuite dans leur langue natale afin de représenter les femmes dans le monde entier. Une scène marquante est celle où elles ont enfilé des gants de boxe et se battent ensemble comme pour symboliser la lutte des femmes dans le monde.

CONTRE par Delna

Ce spectacle présente des aspects étranges. L’atmosphère sombre et froide, accentuée par les bruitages, dérange par moment et fait en sorte de nous plonger dans un état de stress permanent. Certains moments nous semblent par ailleurs incompréhensibles, car leur gestuelle ne montre pas tout à fait ce que la voix raconte. Dans le spectacle il n’y a pas vraiment de suite logique, car le début et la fin ne sont pas bien marqués.

Ainsi, les applaudissements s’enclenchent bien avant la réelle fin du spectacle, car il y a eu un long silence. L’ensemble ne représente pas la danse en soi, dans la mesure où les danseuses parlent, pleurent, miment comme le feraient des acteurs d’une pièce de théâtre. Enfin, toutes les atrocités racontées, que ce soit à travers leurs gestes ou les témoignages, nous plongent dans un état d’abattement face à tous les problèmes auxquels les femmes dans le monde se trouvent confrontées, les viols, les vols ou la prostitution.

Kellia Anaïs, Delna Bruno

  • Après coups, projet Un-Femme, mise en scène Séverine Chavrier.

Représentations vendredi 1er mars à 19h30 au Manège
Le Manège 2, boulevard du Général Leclerc, Reims
Tel. : 03 26 47 98 98
www.manege-Reims.eu