Les lycéens rémois moyennement réchauffés pour le climat

Les lycéens rémois moyennement réchauffés pour le climat

Vendredi 22 février, une grande marche des lycéens a eu lieu à Paris contre le réchauffement climatique. Si à Reims les mobilisations autour du climat sont encore timides, de nombreux lycéens agissent au quotidien pour l’environnement.

« Le changement climatique est l’affaire de tous, mais les jeunes sont beaucoup plus avertis que les générations précédentes », affirme Corentin, élève de terminale au lycée rémois Jean Jaurès. Le jeune homme est très impliqué dans les mobilisations écologiques : « Je suis convaincu par ces grèves lycéennes, surtout parce qu’elles ont une portée internationale », poursuit cet adhérent au syndicat lycéen UNL SD de Reims. Corentin espère que ces marches entraîneront un sursaut des pouvoirs publics, notamment en France : « les revendications sont claires pour toutes et tous, le gouvernement doit agir rapidement avec de bonnes mesures ».

Un mouvement jeune et mondial

Parmi les exigences communes des jeunes aux quatre coins du globe, on retrouve notamment la réduction de 70 % des émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 pour maintenir la hausse moyenne des températures sous les 2 °C, moins d’énergies fossiles et la maîtrise du niveau des océans. C’est la jeune Greta Thunberg qui a lancé les récents mouvements de protestations lycéens pour le climat. Dès août 2018, elle refuse d’aller au lycée et exige que le gouvernement suédois tienne ses promesses après les Accords de Paris. Sa parole est alors diffusée par le biais des réseaux sociaux. Le mouvement prend de plus en plus d’ampleur dans le monde. Plusieurs manifestations sont alors organisées dans les pays européens, des Pays-Bas, à l’Allemagne, en passant par la Finlande, le Danemark, la Belgique et la France.

Pour Corentin, la manifestation est le moyen le plus efficace pour les jeunes de se faire entendre, « parce qu’on n’a pas encore le droit de vote ». Pour lui, tous les lycéens doivent participer à l’appel général du 15 mars. Corentin espère que l’impact sera « grand », qu’il attirera plus de lycéens et convaincra le gouvernement de répondre à leurs revendications.

Un point de vue partagé par Elie, élève de terminale au Lycée Roosevelt de Reims. Le jeune homme se mobilise tous les premiers vendredis du mois lors des rassemblements appelés « Nous voulons des coquelicots » visant à interdire les pesticides. Élie agit sur les deux fronts : dans la rue et au lycée, car il est également vice-président de la Commission de la Vie Scolaire (CVS). Il tente de sensibiliser ses camarades et d’appuyer les propositions écologiques pour changer les pratiques dans son établissement. Mais ce n’est pas une mince affaire. « La majorité de nos propositions a été refusée par le lycée, comme la traite des déchets », regrette le jeune homme. Contacté, le lycée nie avoir reçu une telle demande.

Une ville peu mobilisée

Élie aimerait voir « plus de manifestations à Reims ». Jusqu’ici, le climat n’a pas soulevé les foules. Seules 250 personnes, adultes et jeunes, ont manifesté lors de la dernière marche de février à Reims. Son explication : « c’est une ville de droite, ils sont plutôt désintéressés ». De toute façon, selon le jeune homme, les parents empêchent les jeunes de participer à ce genre de mouvement. Ils ne comprennent pas pourquoi les manifestations doivent avoir lieu pendant les jours d’école. Le jeune homme garde espoir pour la prochaine grande mobilisation du 15 mars. Son syndicat a d’ailleurs décidé de rejoindre l’appel général.

Si Corentin et Élie s’engagent politiquement, de nombreux lycéens admettent ne pas se sentir concernés par la question écologique à l’instar de Yasmine, lycéenne à Paul Verlaine. « Je n’étais pas au courant de ce mouvement », admet-elle. Elle préférerait d’ailleurs que les manifestations s’organisent sur les temps libres : « ce serait préférable plutôt que de louper des cours ».

Même s’ils ne battent pas le pavé, certains lycéens agissent malgré tout, quotidiennement et à leur échelle. C’est le cas de Marion, lycéenne à Paul Verlaine : elle est végétarienne et essaye de réduire au maximum ses déchets. Elle aimerait participer à ce genre de manifestations, mais le souci, c’est qu’« il ne se passe pas beaucoup de choses à Reims ».  

Ynes Bellance, Anne-Sophie Masson, Halimé Kocagoz