Les nouvelles technologies au service des malvoyants

Les nouvelles technologies au service des malvoyants


L’association d’aide aux personnes déficientes visuelles Valentin-Haüy organisera le 13 mars la Journée Innovation et Mobilités à Reims. Lors de cet événement, un nouveau dispositif d’intelligence artificielle sera présenté. De quoi s’interroger sur l’impact de l’innovation technologique dans le quotidien des personnes aveugles et malvoyantes.

« Les nouvelles technologies, moi j’ai grandi avec », explique Quentin, 28 ans, atteint de cécité depuis la naissance. « En cours de dactylographie, au collège, la prof me mettait toujours 20 parce qu’elle me voyait écrire très vite, poursuit le jeune homme. Par rapport aux autres j’étais vraiment avantagé, depuis tout petit j’ai eu des cours d’informatique. » Étudiant en DAEU littéraire à l’IUT de Reims, il est également journaliste à Radio Primitive. En plus de son engagement à la radio, Quentin est bénévole et bénéficiaire de l’Association Valentin-Haüy (AVH) depuis 2013.

Cette association entend « donner le maximum d’autonomie aux personnes atteintes de déficience visuelle ». Pour accomplir cette tâche, AVH propose de nombreuses activités (mots-fléchés, jeux de carte, …) mais aussi des cours en informatique pour utiliser les machines Perkins (NDLR : machines à écrire en braille) ou des séquences pour apprendre des combinaisons pour la synthèse vocale ou la navigation sans souris. Elle propose également des cours d’apprentissage du braille et des sorties culturelles ou sportives (tandem, …). Une permanence a lieu tous les jeudis pour les questions administratives (SAVS, MDPH…). 

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DES DISPOSITIFS AUTONOMES ET MOBILES

Cette association, Quentin a décidé d’en faire partie à son arrivée à Reims afin de faire de nouvelles rencontres et de profiter des activités proposées. Les cours d’informatique ont été très bénéfiques pour le jeune homme et l’évolution constante des nouvelles technologies améliore son quotidien. Ces nouveaux outils permettent de mettre de côté les grosses loupes, les télé-agrandisseurs (NDLR : appareil qui permet d’agrandir sur un écran n’importe quel document) ou les embosseuses (NDLR : imprimante qui transcrit un texte informatique en caractère braille). Ces appareils sont utiles mais prennent beaucoup de place et réduisent, de ce fait, la mobilité des personnes déficientes visuelles. L’association AVH veut être à la pointe de la technologie. Pour ses 130 ans, l’association organise la Journée Innovation et Mobilité. A cette occasion, l’entreprise Orcam spécialisée dans l’innovation en faveur de la mobilité et de l’autonomie des personnes déficientes visuelles présentera sa nouvelle création : Orcam MyEye 2.0.

Ce petit dispositif d’intelligence artificielle va retranscrire vocalement l’information détectée par une caméra intégrée. Ce boitier à fixer sur des lunettes permet la reconnaissance de nombreux objets ainsi que les visages. De par sa petite taille, il constitue une révolution pour les personnes atteintes de cécité plus ou moins grave, qui peuvent pour la première fois se déplacer avec. « Il ne redonne pas la vision, explique Andry Andréa, commercial d’Orcam, il trouve une autre solution quand la vue n’est plus suffisante». Aveugle de naissance, Quentin, lui, ne pourra pas utiliser ce dispositif car il faut être capable de montrer à la caméra ce que l’on souhaite distinguer. Ces contraintes rendent cette technologie plus adaptée aux personnes atteintes de cécité partielle et non complète. Le retour de l’information sous format audio implique également que la personne n’a pas de problème d’audition ni de défaillances cognitives. Mais cette technologie a un coût : son prix avoisine les 4700€. Pour se le procurer, les personnes peuvent bénéficier d’une aide de la région ou de la MDPH (Maison Départementale des Personnes handicapées). 

Au quotidien, Quentin, se sert de nombreux outils technologiques : un ordinateur avec une synthèse vocale et une plage braille (NDLR : dispositif électro mécanique pour afficher des caractères braille) qui lui permet de prendre ses cours, un téléphone adapté (Nokia, Apple ou Doro qui sont les seuls avec une assistance suffisante). Autonome, il n’a pas besoin de l’aide d’une assistante de vie scolaire. Très attentif aux évolutions technologiques, Quentin espère que l’innovation permettra « d’aider de plus en plus les jeunes comme nous».

Bilal Essafiri, Anthony Alagon, Marion Boetsch, Quentin Stievenard