Florian Mary, encadrant des élèves de Premier Campus

Florian Mary, encadrant des élèves de Premier Campus

Rémois de 30 ans, Florian est professeur des écoles à la Maison d’arrêt de Reims depuis 7 ans. Sportif, il est aussi l’un des piliers du projet Premier Campus* organisé par Sciences Po.

Grand, 1 mètre 85, costaud, 85 kg, il a une allure sportive. Mais ce qui frappe au premier abord est son sourire et sa poignée de main généreuse. Attention au broyage de mains ! Né le 7 novembre 1988, à Reims, Florian a passé les premières années de sa vie à Bezannes (Marne), il a poursuivi sa scolarité au lycée Clémenceau, classé en ZEP, où il a décroché son baccalauréat scientifique. Il a continué ses études dans la même ville et se dirige vers une formation STAPS.

PROF, POLITIQUE, ENTRAÎNEUR

En 2010, il décide de passer le concours de Professeur des écoles, qu’il réussit, et choisit d’enseigner à des personnes incarcérées de la Maison d’arrêt de Reims. Il est également engagé en politique, puisqu’il a été conseiller municipal à Bezannes (Marne) pendant six ans, de 2008 à 2014. Responsable de la commission Jeunesse et sports, il était responsable du club de foot, le FC Bezannes, et du Tennis club de Bezannes.

Ce qu’il aime par-dessus tout, c’est « installer la confiance » autour de lui. Que ce soit avec ses élèves prisonniers à la Maison d’arrêt de Reims, ou avec les jeunes qu’il encadre sur le campus de Sciences Po, Florian s’engage pour les autres. Joyeux de nature, il a beaucoup d’empathie envers les jeunes qu’il aide en prison et se donne corps et âme pour les mettre à l’aise.

LE PLAISIR DE LA RENCONTRE

Il ne lui a pas fallu longtemps pour s’attacher à ses élèves, et c’est réciproque. Avec les prisonniers il sent que le « lien qui se tisse est plus fort que celui qui va relier un élève et un professeur dans un collège ou un lycée classique». Ceux qui retrouvent la liberté n’hésitent pas à l’arrêter dans la rue pour discuter avec lui et le remercier. 

Longtemps il a ressenti une appréhension au moment d’entrer en prison pour donner des cours à cause des barreaux et du « bruit des écrous ». Ce qui le motive c’est « le plaisir que lui procure la rencontre d’une nouvelle personne ainsi que la richesse que chacun apporte à l’autre », dit-il en évoquant ses élèves au club de tennis ou les mineurs incarcérés. Dans l’immédiat, il envisage de poursuivre l’enseignement aussi bien sur un court de tennis qu’en prison, les deux lui tenant à cœur.

*Premier Campus est un projet organisé par Sciences Po pour lutter contre l’autocensure des élèves au lycée. Les élèves, en classe de seconde, première et terminale, boursiers pour la plupart, viennent d’une vingtaine d’établissements.

Ayse Gümüs, Théo Lefevre