Un verger dans le quartier

Un verger dans le quartier

Que fallait-il faire d’un terrain en friche oublié par les urbanistes ? La Maison de quartier s’est emparée de la question pour planter des arbres fruitiers et le rattacher à la coulée verte. 

Anthony, jardinier, entraîne les enfants vers les trous préparés depuis quelques jours pour planter une quinzaine d’arbres. Une pelle dans une main, il mobilise les parents pour porter les jeunes cerisiers, pommiers, poiriers ou pruniers qui vont bientôt transformer un terrain en friche en un verger où les habitants du quartier Châtillon, en contrebas de la rue de Louvois, pourront venir cueillir des fruits d’ici quelques années. 

Ils sont une vingtaine de petites filles et de petits garçons venus là, ce 27 février, en début d’après-midi pour planter seize arbres fruitiers, encadrés par des animateurs mobilisés par la maison de Quartier. Anthony Cervoni, chargé du service animation dans les espaces verts de la ville de Reims, accompagne les enfants à qui il veut communiquer l’amour et le respect de la nature, tout en améliorant « le bien-être des habitants du quartier », explique-t-il. 

C’est en 2013, il y a cinq ans que les premières réunions de concertation ont démarré pour répondre à la question : que fallait-il faire de cet endroit délaissé, abandonné dans le meilleur des cas aux mauvaises herbes ? Le Conseil de Quartier devait arrêter un choix et définir des moyens en tenant compte d’un budget alloué par le Grand Reims. 

Transmettre aux enfants

Enthousiastes, les enfants emboîtent le pas d’Anthony, écoutent sagement les consignes et les recommandations avant de se mettre à l’ouvrage comme de vrais experts en agriculture. Ils sont prêts à faire de cet endroit désert un espace permettant à tout le monde de se rapprocher de la nature. Mateo, 6 ans, est venu planter ces arbres accompagné de sa mère. « J’aime ça ! » dit-il amusé lorsqu’on lui demande ce qui le motive à venir en ces lieux.

 L’une tient dans ses mains un arrosoir, d’autres s’amusent à enfoncer la terre afin de stabiliser l’arbre. Les enfants écoutent attentivement et ont l’air de découvrir un nouveau domaine. Les sourires sont au rendez-vous et la motivation à son comble. Voilà ici de nombreux enfants tous amusés par l’activité. 

Pour Laure Miller, présidente du Conseil Communautaire du Grand Reims, qui a porté cette initiative, ces gestes réalisés par des enfants contribuent à transmettre des valeurs et des principes écologiques de génération en génération. Alors que jusqu’à présent il fallait construire pour aménager la ville, l’implantation d’espaces verts est devenue une priorité de l’aménagement urbain.

Ecouter les habitants

De plus, selon Guillaume Michaux, vice-président de la communauté urbaine en charge du développement durable, et 1er adjoint de Beine-Nauroy, l’objectif est aussi de créer des lieux de rencontre pour les habitants de la conurbation rémoise et sortir du « chacun chez soi ». Il souhaite que cette initiative soit suivie par beaucoup d’autres. « C’est aux habitants du Grand Reims de proposer ce qu’ils veulent, car c’est à eux de s’approprier leur propre espace » ajoute-t-il. De plus, il met en avant les enfants venus donner un coup de main, et s’amuse de leur motivation : « Il faut faire changer les adultes par les enfants »  car c’est un moyen de sensibilisation plus pertinent. 

Afin d’apporter l’eau en quantité pour nourrir les jeunes arbres qui viennent d’être plantés, Ophélie Négrie, ingénieure chargée de mission auprès du Grand Reims, spécialiste de l’eau, explique les mécanismes de captage d’eau. Pour elle, le projet de plantation d’un verger doit contribuer à l’accroissement de la biodiversité. Elle souligne que l’écologie est aujourd’hui devenue une priorité.

Alors que le quartier Châtillon était autrefois relégué aux marges de la ville, la coulée verte longue de 18 kilomètres qui s’achève non loin du verger est un lien fort, car tout le monde peut maintenant y venir pour se détendre, pour pêcher ou encore pour faire du vélo. 

D’autres initiatives sont en préparation pour l’aménagement, la restauration et le développement du quartier. Le Conseil des Habitants qui se réunit plusieurs fois dans l’année devra mettre en route d’autres projets et suivre celui du verger. Un « City Stade » que réclament les jeunes pourrait voir le jour…

Yousra Berrak ,Davina Brochant, Sonia Tohotou